RODRIGO Y GABRIELA + Wallis Bird - Dublin, 15/11/2009

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RODRIGO Y GABRIELA + Wallis Bird - Dublin, 15/11/2009

Messagepar Fredian » 22 Fév 2010, 22:58

  • Jour: Sunday November 15th 2009
  • Heure: 8.00pm
  • Lieu: Vicar Street, Dublin, Ireland
  • Evénement: RODRIGO Y GABRIELA + Wallis Bird

    Image


Intro

Rodrigo Sánchez (guitare lead) et Gabriela Quintero (guitare rythmique) sont Mexicains. Ils se sont rencontrés adolescents dans un groupe de thrash metal répondant au nom de Tierra Ácida. Frustrés par le manque de possibilité que leur offrait la scène locale, ils ont entrepris le dépaysement total et sont venus chercher refuge en Irlande, réputée terre d’accueil de musiciens nomades. Ils sont alors passés à l’acoustique et ont commencé à jouer dans les rues puis dans les pubs, arpentant les artères musicales et ‘houblonneuses’ du centre ville (Grafton Street et Temple Bar principalement). La belle histoire a véritablement commencé lorsque Damien Rice leur a proposé de jouer avec lui pour le festival Oxegen 2005, grand messe irlandaise des musiques pop-rock. En Septembre dernier est sorti leur 4ème album, « 11 :11 », 11 chansons en hommage à 11 de leurs inspirations. Leur musique acoustique aux accents latins pioche ses influences à la fois dans le rock’n’roll, la folk, le jazz et le metal.
Aujourd’hui revenu dans leur Mexique natal, ils gardent forcément un attachement particulier pour l’Irlande et Dublin et c’est fort logiquement que leur tournée mondiale laisse une large place à l’Ile d’Emeraude. 2 concerts d'affilée en Novembre (les 2 sold-out) et 2 autres shows "spéciaux" en Décembre. C’est à la toute première de leur performance que mon pote "yopsee", nomade aussi, mon collègue Ciaran et moi-même assisterons ce soir.

Vicar Street (tout comme l’Olympia Theatre le lendemain d’ailleurs) affichait "sold out". 1500 personnes donc dans cette salle spacieuse aux multiples awards (http://www.aikenpromotions.com/content/view/5/176/).



Wallis Bird

Wallis Bird est une jeune auteur compositeur interprète Irlandaise. Guitariste acoustique atypique (gauchère, elle joue avec une guitare de droitier à l’envers – choix en partie dicté par un accident de tondeuse à gazon qui lui fit perdre ses 5 doigts de la main gauche, dont elle a pu miraculeusement s’en faire recoudre 4 -) et chanteuse à la voix versatile balayant un registre navigant de Janis Joplin à Jeff Buckley en passant par Ani DiFranco pour ne citer que ses influences revendiquées, cette invitée de dernière minute nous a fait profiter de son tempérament effervescent pour « chauffer » la salle.
Sa musique brasse des éléments de folk, de blues et de funk qui, associée à son jeu de gratte stylé rock et une certaine mélodicité pop, donne un mélange assez détonnant. Superposez-y sa voix pêchue et son énergie débordante et vous voilà immergés comme nous dans cette pétillante première partie.
Visiblement ravie d’ouvrir pour Rodrigo y Gabriela sur cette tournée 11:11 (elle nous a d’ailleurs livré son bonheur d’avoir pu jouer à Paris quelques jours plus tôt), elle a beaucoup pris le public à partie pour de très nombreuses anecdotes jalonnant « sa » tournée et ses quelques écarts de (« f***ing »^^) langage n’ont fait que pimenter un discours plus qu’enthousiaste. Enthousiaste, sa musique l’était assurément. Et ce, malgré un peu trop de chanson « smooth » à mon goût. De rythmiques aguichantes en accords intéressants (qui auraient cependant mérité d’être plus développés), elle a délivré une prestation pleine d’énergie jonglant sur des textes remplis de joie et d’humour. Somme toute, une troubadouresse des temps modernes. Malgré tout, son récital n’emportât que partiellement mon adhésion et je ne puis que conclure d’un « sympathique mais sans plus ».
Etant récemment retombé sur son espace myspace, je me suis pris à apprécier sa musique davantage (notamment la pétillante fraîcheur de ‘Blossoms In The Street’) … Peut-être l’absence du côté groupe et une voix moins bien maîtrisée ont fait défaut à sa prestation live…

:arrow: site myspace Wallis Bird



Rodrigo Y Gabriela

L’obscurité naissante a vu les hauts parleurs de la salle diffuser ‘The Pot’ de Tool tandis que nos 2 Mexicains s’apprêtaient à monter sur scène. Et c’est une ambiance de folie qui les attendait. La salle, alors pleine, leur a réservé un accueil de stars. Et ce n’est pas le groove pêchu de ‘Santo Domingo’ qui fit retomber la fièvre d’un public chaud bouillant. Quel parfait opener soit dit en passant, avec cette attaque catchy qui embraye de suite sur un motif dynamique à souhait.
Évoquons d’emblée le seul bémol (non négligeable malheureusement) de la soirée. La guitare de Gabriela était trop mise en avant. Si ce n’était pas foncièrement gênant pour le jeu de guitare à proprement parler, c’en devint vite très désagréable sur les ‘beats’ de tempo joués sur la corde de mi grave. Beaucoup trop forts, ils ont presque fini par prendre des allures de ‘techno beat’ à mes oreilles :?... C’en fut d’autant plus dommageable que je les ai trouvés fortement hors sujet du cadre (certes électro)-acoustique de la soirée.

Fort heureusement, la prestation du duo ne saurait se résumer à cet artefact polluant. Avec l’expérience, ils semblent avoir pris davantage confiance en leurs possibilités. Et, comme l’oiseau prenant son envol, et contrairement aux échos et vidéos youtube & co qui m’avaient préalablement donné un aperçu de leur potentiel ‘live’, ils ont joué la majeure partie du concert debout, arpentant la scène pour s’exposer à tout leur public. Leur complicité de chaque instant leur confère une symbiose musicale assez rare et du coup, toutes leurs petites improvisations et/ou digressions autour des différents thèmes de leurs chansons n’en paraissent que plus naturelles. Comme une extension logique du studio à la scène. Pèle mêle, citons ce petit intermède percussif après ‘Hanuman’, un ‘Diablo Rojo’ quelque peu relifté, ce « tango slap/percu » sur ‘Hora Zero’, ces duels de guitares sur ‘Santo Domingo’, ‘Savitri’ ou encore ‘Diablo Rojo’.

Ils nous ont aussi fait allègrement participer à la fête en réclamant nos applaudissements sur l’intimiste ‘Juan Loco’ et sur le « babylonien » (*1) ‘Triveni’, en nous invitant à acclamer de vive voix leur figures percussives sur l’endiablé ‘Diablo Rojo’ toujours et en partageant au maximum leur joie de jouer avec un public particulièrement réceptif. Public qui a tapé des mains, sauté et chanté le tempo à la moindre occasion (‘Diablo Rojo’, encore et toujours, et ‘Tamacun’ en étant peut-être les 2 exemples les plus criants). Au final, si on n’a pas bénéficié de guests de luxe (Al Di Meola à Paris, Alex Skolnick aux Etats-Unis), Rodrigo et Gabriela nous ont consacré le rôle du 3ème membre du groupe.
    (*1) Babylone, le berceau de l’oud. L’oud en référence au Trio Joubran à qui ‘Triveni’ est dédié.
J’ai beaucoup évoqué l’atmosphère festive et joyeuse mais nos 2 Mexicains nous ont aussi accordé quelques jolis moments de pause. ‘Logos’ et ses doux arpèges, en référence à Al Di Meola, fut l’un d’eux. ‘Chac Mool’, en hommage à leur compatriote, feu Jorge Reyes (*2), et ses allures de ballade jouée au coin du feu protecteur d’une hacienda, en fut un autre. Le plus beau fut certainement cette ‘Anoushka’ accompagnée d’une vidéo-projection d’un soleil torride parcourant l’horizon pour un voyage où chaleur et émotion s’entremêlèrent avec ardeur. Enfin, ’11:11’ conclut le set de la plus belle des manières dans ces vapeurs aériennes rappelant Pink Floyd. Si la musique de Rodrigo y Gabriela peut s’avérer à la longue répétitive, voilà certainement le genre de morceau qui leur fera franchir le pallier supplémentaire. Celui du renouvellement.
    (*2) Jorge Reyes était un musicien mexicain qui participa à la reconnaissance de la musique traditionnelle mexicaine qu’il mélangea avec les technologies modernes dans une musique électronique New Age qui fit son succès.
Rodrigo et Gabriela, c’est aussi 2 styles guitaristiques différents. 2 styles que leur solo respectif a mis en exergue. Gabriela, c’est un jeu aux doigts, essentiellement porté sur l’assise rythmique des morceaux. Elle frotte frénétiquement les cordes avec sa main droite insufflant une grande dynamique à leurs morceaux. C’est aussi un jeu percussif, avec la main ou les doigts, se servant de la caisse de résonance de sa guitare comme d’une conga. Enfin, elle utilise des techniques plus conventionnelles de slap et de pop qu’elle combine parfois avec des effets de slide avec sa main gauche. Rodrigo, lui, a plus un jeu de « metalleux », au médiator, qui fait la part belle à l’aller-retour dans lequel il excelle. Il y allie rapidité et précision et son attaque pêchue des cordes donne beaucoup de puissance à leur musique. Il n’hésite pas non plus à se servir de sa guitare comme d’un instrument de percussion.
Je parlais précédemment de vidéos-projections en arrière-scène. Et bien la plupart de leurs chansons se voyaient soutenues de gros plans sur leur gratte pour mieux nous faire apprécier leurs techniques respectives.

Leur set s’est vu principalement focalisé sur « 11:11 » (comme Rodrigo nous a d’ailleurs rapidement annoncé « j’espère que vous le connaissez, sinon vous allez vraiment vous ennuyer ») et ses 11 chansons en hommage à 11 musiciens qui les ont influencés. J’en ai déjà cité quelques-uns, je ne peux éluder Dimebag Darrell (tragiquement assassiné sur scène par un illuminé en Décembre 2004) auquel le virevoltant ‘Atman’ est dédié. Le public leur a réclamé ‘Orion’ et ils nous ont exaucé quelques minutes plus tard. Enfin, le rappel les a vu nous proposer une version très particulière de ‘Stairway To Heaven’. Une reprise méconnaissable. Une foule plutôt médusée en tout cas. Pas leur plus grande réussite de la soirée pour sur. Mais on leur pardonnera, la pêche communicative de ‘Tamacun’ étant venue redonner la banane à tout le monde.

La lumière est revenue dans la salle au son du ‘For Those About To Rock’ d’AC/DC et cela ne faisait aucun doute que la prestation de nos 2 Mexicains avait été appréciée. On pouvait aisément lire le sourire sur le visage rayonnant de gens de toute génération. Pour ma part, cette première m’a confirmé mon récent coup de cœur pour la musique de Rod y Gab ;). Et l’ambiance survoltée de leur(s) concert(s) n’est est qu’une valeur ajoutée inestimable. Sans vouloir gâcher la fête, qui fut belle, je terminerai cependant en regrettant à nouveau ce sur-mixage intempestif de la corde mi grave de Gabriela...


set-list Rodrigo y Gabriela

01. Intro
02. Santo Domingo
03. Juan Loco
04. Hanuman
05. Logos
06. Savitri
07. Orion (cover Metallica)
08. Triveni / Chacmool / Triveni
09. Rod Solo
10. Diablo Rojo [New Version]
11. Juego Darbuka / Atman
12. Anoushka
13. Hora Zero
14. Gab Solo
15. 11:11

Rappel
16. Stairway To Heaven (cover Led Zeppelin) [Funk Version]
17. Tamacun



Quelques vidéos

- Diablo Rojo
- le même rappel à l’Olympia le lendemain
Dernière édition par Fredian le 23 Fév 2010, 16:29, édité 4 fois au total.

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Messagepar yopsee » 22 Fév 2010, 23:42

Ouiiiiiiiiiiiii, j'ai adoré :D

Un super cadeau d'anniversaire en tout cas :)

Alors, bon, c'est loin, mais je me souviens encore un peu de cette exceptionnelle soirée avec Fred et Ciaran :)

Bon, je crois que j'ai vraiment apprécié leur nouvelle version de Stairway to Heaven, même si elle était quelque peu originale et inattendue :shock: :D

Pour mon 2è concert de RyG, j'ai pu retrouver cette alchimie et cette magie que j'aime tant chez RyG.
Tamacun est toujours un hymne très prisé par le public, ce pourquoi il est souvent joué en fin de concert.

Pour le problème de son de Gabriela, je suis complètement d'accord. C'était le seul vrai point noir de ce concert, mais quel point noir :evil:

Enfin, pour en revenir à Wallis Bird, j'ai trouvé ça plutôt chouette ce quelle jouait. Si son CD n'avait pas été si cher (je veux dire pour une artiste locale), je l'aurais sans doute acheté.
Pour ce qui est de "chauffer" la salle, c'est le bon terme, vu ce quelle disait au public :mrgreen:

Bref, une super soirée. Merci Fred pour la place et merci de m'avoir fait revivre cette soirée au travers de ce report :)


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