JESUS CHRIST SUPERSTAR - Dublin, 29/10/2009

fred99 fait sa chronique sur ITP !

Modérateurs: derF, Mr[P], jo, Fredian

Avatar de l’utilisateurFredian
Omni... BE !
Messages: 2031
Inscrit le: 12 Août 2005, 15:21
Localisation: Dublin (Irlande) / Montpellier (France)

JESUS CHRIST SUPERSTAR - Dublin, 29/10/2009

Messagepar Fredian » 18 Jan 2010, 22:17

  • Jour: Thursday October 29th 2009
  • Heure: 8.00pm
  • Lieu: National Concert Hall, Dublin, Ireland
  • Evénement: ANDREW LLOYD WEBBER & TIM RICE - JESUS CHRIST SUPERSTAR // RTÉ Concert Orchestra

    Image
Nota

J'ai mis à votre disposition 3 vidéos perso du concert. Je vous préviens, les fichiers sont lourds (~ 400 Mo), donc faudra vous armer de patience pour les télécharger. J'essaierai de les poster sur you-tube plus tard...




Intro

Voici une nouvelle "grosse" affiche de cet automne 2009 à laquelle je ne m’attendais pas. Le Rock Opera Jesus Christ Superstar (sans doute mon "musical" favori) fait escale à Dublin, au National Concert Hall. Bonne nouvelle, cette salle de taille relativement modeste (capacité =1200 personnes) permet une proximité assez inédite avec la scène. Nous étions placés dans le Red Side Balcony, sur le côté gauche de la scène. Tout comme pour Jon Lord il y a un mois, nous avons donc pu profiter du spectacle presque de "l’intérieur". La salle était bien remplie mais pas pleine. Il faut dire qu’il s’agissait de la seconde performance de la pièce en 2 jours. M’enfin, devait être présent un bon petit millier de personnes.

C’est le RTÉ Concert Orchestra dirigé par Stephen Hill qui se chargera de la mise en musique du concept. Quant aux différents chanteurs, Steve Balsamo jouera Jesus Christ (*1), les stars irlandaises du West End (*2) David Shannon et Jacinta Whyte incarneront respectivement Judas et Marie Madeleine, Scott Davies sera Pilate, et le célèbre (en Irlande tout du moins) comédien Pat Shortt s’occupera du rôle d’Herod (au final plutôt bien taillé pour lui).
Je ne peux malheureusement citer aucun autre musicien ni chanteur, la faute à une absence d’information et de programme… Et pourtant la section "électrique" (impeccable) aurait mérité mention, tout comme les chœurs (haut de gamme) masculins et féminins, omniprésents dans la pièce.

Dernier détail. Il n’y avait pas de mise en scène théâtrale à la prestation de ce soir. Alors bien sur, les chanteurs jouaient leur rôle et y mettaient toute l’expression et l’émotion nécessaires mais le propos se voulait avant tout mu-si-cal ! Ce qui me seyait parfaitement :D !



Jesus Christ Superstar

Dès l’entame de l’Opéra Rock, je savais que j’allais passer au révélateur le casting de la soirée et plus particulièrement Judas. En effet, la prestation de Carl Anderson dans l’adaptation cinématographique de 1973 fut une révélation immense à mes oreilles. J’y avais découvert un chanteur exceptionnel, au grain si singulier et capable de toutes les nuances dans ses vocaux. J’appréhendais donc ‘Heaven On Their Minds’ avec pas mal d’interrogations et une certaine crainte. Et bien, mal m’en a pris car David Shannon ne pouvait mieux convenir à mes espérances Andersoniennes. Une voix puissante, racée et une maîtrise des différents tons fort opportune.

D’emblée, précisons le seul bémol « gênant » de la soirée. Si la balance du son entre instruments classiques et électriques était excellente (comme en a témoigné l’ouverture de la pièce, qui met en scène une superbe progression, notamment portée par les cuivres qui débouchent sur ce riff d’intro accrocheur en diable), le chant (et paradoxalement surtout celui des principaux protagonistes) était quelque peu sous mixé (les tonalités les plus graves et/ou les plus calmes s’avéraient parfois limite à entendre).

Le funky ‘What’s The Buzz’ avec sa basse ronronnante et groovy a permis la première intervention de Jesus. Steve Balsamo, qui reprenait pour la 2ème fois en 1 mois (après le « Concerto for Group & Orchestra » de Jon Lord) le « rôle » de Ian Gillan (*3), a ainsi apporté sa voix cristalline, plus légère et fragile que celles de Gillan et même de Ted Neeley (le Jesus du film de Norman Jewison de 1973) mais chargée de beaucoup de feeling. On voit qu’il est familier (*1) avec la pièce.

Le plus posé ‘Strange Thing Mystifyng’, avec ses plans de grattes typés 70ies, a vu le premier duel Judas/Jesus. Et je dois bien avouer que j’ai beaucoup apprécié leur prestation : ils ont joué leur rôle respectif sans surjouer (comme c’est trop souvent le cas dans ce genre d’exercice). Ils ont d’ailleurs chacun eu leur moment de gloire sur "leurs" morceaux de bravoure. J’ai déjà mentionné ‘Heaven On Their Minds’ pour David "Judas" Shannon, ‘Judas Death’ m’a peut-être encore plus époustouflé. Quelle maîtrise de sa voix ! Passer d’une voix pleine puissante et énervée à une voix de tête fluette et fragile semble être un jeu d’enfant pour lui. Jongler avec les tons et les intensités idem. ‘Damned For All Time / Blood Money’ dans un même registre et ‘Superstar’ avec des lignes vocales plus typique ‘‘comédie musicale’’ sont venues compléter un tableau proche de la perfection. Quant à Steve "Jesus" Balsamo, si son ‘Gethsemane’ a manqué un peu de coffre à mon goût, notamment sur les fameuses lignes « Alright, I'll die! Just watch me die! See how I die! », je me dois de saluer son interprétation juste et à fleur de peau. Je le disais ci-dessus, il n’a pas forcément la puissance vocale de ses prédécesseurs mais il sait la compenser habilement par un feeling et une prestance impressionnants sans surjouer. A ce titre, son rendu des 39 coups de fouet (*4) sur ‘Trial Before Pilate’ fut saisissant.

Image Image

Pour finir avec les rôles principaux, je louerai la jolie voix, douce et suave, de Jacinta Whyte qui a su retranscrire avec brio la tendresse et le réconfort (‘Everything’s Alright’) ainsi que cet amour confus (‘I Don’t Know How To Love Him’) qu’éprouve Marie Madeleine pour Jesus.
Quant à Pilate, j’ai trouvé la voix de Scott Davies trop maniérée, trop travaillée ‘‘chanteur d’opéra’’ (‘Pilate’s Dream’, ‘Pilate And Christ’). Ca dénotait quelque peu et ne collait pas forcément à merveille au personnage. C’est tout de même un excellent chanteur (une voix de baryton claire et puissante) et j’ai d’ailleurs apprécié sa prestation plus hachée dans ‘Trial Before Christ’ mais il m’est avis que sa voix siérait mieux à une pièce plus « classique » qu’au Rock Opera.

J’aimerais maintenant mettre en lumière le gros point positif de la soirée : les chœurs ! Je les ai rapidement évoqué en intro mais leur excellence ce soir a sublimé la pièce Chacune de leurs interventions, que ce soit en chant choral (harmonisé ou non) ou en prestations solo, a boosté la pièce. Leur chant assuré et maîtrisé amenant toujours une pêche et un dynamisme rajeunissant. Ils ont un rôle important dans ce Rock Opera, de par non seulement leurs nombreuses participations à l’action (ils ne sont pas qu’accompagnement) mais déclinent aussi plusieurs (plus ou moins) petits rôles, qui ont d’ailleurs permis à leur interprète respectif une incartade sur le devant de la scène.

Ce qui m’a le plus frappé, c’est que chacun possédait le coffre, le timbre et la « beauté » d’une voix principale (‘The Temple’ en fut la plus éclatante démonstration – rendez-vous en compte par vous-mêmes sur le lien-vidéo en fin de report). On était loin des œuvres originales (album + film) où, individuellement, les choristes n’avaient le plus souvent qu’une voix neutre sans plus.
Et le meilleur exemple fut l’interprète du grand prêtre Caiaphas qui s’illustre particulièrement sur ‘Then We Are Decided’, ‘This Jesus Must Die’ et ‘Blood Money’ : une basse avec une voix profonde, puissante, lyrique. Une belle voix grave en somme, bien plus chantante que les originales. Je lui mettrai en parallèle la belle voix énergique du ténor jouant Annas (prêtre collègue de Caiaphas) qui venait pimenter des dialogues contrastés et enlevés. A leurs côtés, le ténor interprète de Simon (‘Simon Zealotes’) se démarqua par un chant puissant et pêchu tandis que le baryton incarnant Peter (‘Peter’s Denial’) offrit une seconde jeunesse à sa brève mise en lumière de par sa voix pleine de vigueur et d’entrain. Et pour respecter une parité que je tiens à encenser, je répète que les voix féminines étaient, elles-aussi, individuellement au top. Je vous renvois à nouveau vers leurs interprétations respectives de la foule harcelant Jesus sur ‘The Temple’.

Image

Pour terminer, je rendrai hommage aux musiciens qui, dans un rôle plus ingrat qu’à leur accoutumée (ce soir les vedettes étaient les chanteurs), ont assuré une partition sans faute (et pourtant, il y a quelques passages solo assez « casse-gueule », e.g. les trompettes claironnantes qui lancent ‘Simon Zealotes’, l’intro de guitare Hendrixienne de ‘Damned For All Time’, ce riff Zeppelinien vers la fin de ‘The Last Supper’ qui doit sonner du feu de Dieu pour ne pas retomber comme un cheveu dans la soupe, les cuivres et les pêches qui doivent dresser l’intensité dramatique du début de ‘Pilate And Christ’, etc…) mise en lumière par une cohabitation électrique-acoustique particulièrement réussie (et je le répète porté par une excellente balance).


En conclusion, ravi donc d'avoir pu assister à ce concert (je le disais en intro, mon 'musical' préféré) serti d'une distribution de chanteurs exceptionnelle.



set-list

    1ère partie
Act I

1. "Overture"
2. "Heaven on Their Minds"
3. "What's the Buzz/Strange Thing Mystifying"
4. "Everything's Alright"
5. "This Jesus Must Die"
6. "Hosanna"
7. "Simon Zealotes/Poor Jerusalem"
8. "Pilate's Dream"
9. "The Temple"
10. "Everything's Alright (reprise)"
11. "I Don't Know How to Love Him"
12. "Damned for All Time/Blood Money"

Act II

13. "The Last Supper"
14. "Gethsemane (I Only Want to Say)"
    2ème partie
15. "The Arrest"
16. "Peter's Denial"
17. "Pilate and Christ/Hosanna (reprise)"
18. "Herod's Song (Try It and See)"
19. "Judas' Death"
20. "Trial Before Pilate (Including the Thirty-Nine Lashes)"
21. "Superstar"
22. "The Crucifixion"
23. "John Nineteen: Forty-One"



vidéos

:arrow: Heaven On Their Minds
:arrow: The Temple
:arrow: Gethsemane
:arrow: Judas' Death (vidéo youtube)





Références

    *1 : L’anecdote veut que Steve Balsamo ait percé grâce à sa performance dans le "West End revival" de Jesus Christ Superstar en 1996.

    *2 : West End theatre (qui prend son nom d’après le quartier londonien de West End) désigne la forme la plus connue du théâtre professionnel anglais qui met en scène des pièces de théâtre et comédies musicales à fort succès populaires. C’est un peu l’équivalent européen de Broadway.

    *3 : Ian Gillan fut le premier « Jesus » de l’histoire. En effet, avant d’arpenter les théâtres du monde entier et notamment Broadway et West End, Jesus Christ Superstar était un Rock Opera sorti sur album en 1970.

    *4 : au sens propre comme au figuré, musical comme conceptuel :arrow: http://fr.wikipedia.org/wiki/Fouet_(musique)

Retour vers HS. Musique [les chroniques live de fred99]

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit and 2 invités

cron