Le Parrain -trilogie

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Le Parrain -trilogie

Messagepar tim » 26 Mars 2007, 20:35

Je me suis fait offrir ça pour mon Noël dernier et j'ai enfin pu le regarder. J'ai pris les 9h nécessaires ce week end pour m'y coller et tout faire d'un trait pour en profiter pleinement.
J'ai pas été déçu!


Regarder tout comme ça permet de prendre toute la dimension du projet. La vie des élements d'une famille mafieuse sur plusieurs générations et à travers différentes époques. La psychologie des personnages est très travaillée, à commencer par Al Pacino (Mickael Corleone), au centre de la trilogie. En 9h il a le temps de prendre une si grande dimension qu'il s'est gravé dans mon cerveau. J'ai du mal à m'en débarasser. Son interprétation est hallucinante. Rien que dans le 1er épisode (où il n'est pas encore personnage principal), il se transforme entre le début et la fin. Son visage a changé alors que quelques mois se sont passés.
Et pour l'épauler une tripotée de grands acteurs: Marlon Brando, James Caan, Robert Duvall, Diane Keaton, Andy Garcia...


Coppola maitrise vraiment tout et c'est impressionnant. Chaque film aborde des thèmes différents et a une forme très différente tout en gardant sa trame principale. Les personnages changent rééllement à travers ce qu'ils vivent. Je n'avais encore jamais vu un film à 3 épisodes aussi cohérent. Même le 3eme, que certains disent moins bon est pour moi une magnifique suite et conclue parfaitement ce que Coppola pouvait déjà raconter.

Bon je m'arrête car je pourrais en parler des heures mais c'est plus intéressant d'en discuter si ça interesse du monde...
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Messagepar Fox » 27 Mars 2007, 10:33

Tu peux en discuter des heures avec moi, déjà. :mrgreen:

La trilogie du Parrain est incontestablement un des temps forts du cinéma de ces quarante dernières années. Sortant des règles traditionnelles de narration tout en conservant le charme d'un certain classicisme à l'écran, c'est avant tout un tour de force scénaristique, avec une grande maîtrise de l'ellipse, des non-dits et cette structure triple (chaque film commence par une cérémonie joyeuse, finit par une tuerie opératique et traite d'une phase différente de la vie de Michael Corleone, son ascension, ses dissentions puis sa chute) qui lui donne un aspect quasi-prophétique.

Les fils rouges sont nombreux : qu'est-ce qu'une famille ? Jusqu'où faut-il frayer entre les ombres pour acquérir sa part de lumière ? Les interprétations sont dantesques : le dyptique Marlon Brando / Robert de Niro offre un corps fascinant à Vito Corleone, Al Pacino maîtrise le moindre regard et sous-joue en permanence pendant les deux premiers volets, James Caan et Andy Garcia apportent de la chair et de la nervosité tandis que Robert Duvall et Diane Keaton apportent une fragilité et un underplaying tout en finesse...

Et la musique ! Comment oublier que Le Parrain est une trilogie purement musicale, où le ballet instrumental chorégraphie la valse des balles ? Quel "score" inoubliable !

Allez, parlons-en ! A commencer par Al Pacino, effectivement... Car à tout Seigneur tout honneur, Michael Corleone c'est lui. Et la scène où il est tacitement adoubé sous le regard effrayé de sa femme à la fin du premier volet est peut-être la plus belle scène de la trilogie pour moi !
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Messagepar tim » 27 Mars 2007, 12:14

En effet fox, vu l'entrain que tu y mets, tu m'as l'air d'être assez fan.


Pour ce qui est du scénario, c'est vraiment impressionnant. Peut-être ce qu'il y a de plus fort. Pour les raisons que tu donnes.
Les scènes prennent tout leur temps mais racontent plein de choses. On aurait tendance à croire qu'il faut enchainer les scènes très vite avec plein de dialogues pour raconter plein de choses. Coppola nous montre ici qu'on peut faire le contraire. En une action, il arrive à tant nous dire. A ce titre, la scène d'adoubement dont tu parles est en effet superbe. (et elle est d'ailleurs reprise avec Vincent à la fin de la trilogie, sous l'oeil déplorant de Michael)

Sa manière d'amener le final de chaque épisode prend aux tripes. Pendant le baptême de son neveu, on voit se mettre en place tous les règlements de compte de Michael. Ce montage est hallucinant. Ca m'en donne encore des frissons tiens!
Y'a tant de truc à en dire que je m'y perds.


Il y a un truc que j'ai beaucoup aimé. Le passage qui suit est à éviter pour ce qui n'ont pas encore vu le film.
Dans le III, Coppola fait jouer sa fille. Personnellement, je trouve pas qu'elle joue très bien. Mais le fait qu'elle y soit est tellement logique. Même dans son casting, il arrive à raconter quelque chose. Le Parrain, c'est un peu l'image de Coppola. Ainsi il a mis sa fille dans le rôle de la fille de Michael. Et en la faisant mourir à la fin, il donne un sens encore plus fort à l'idée que dans ce monde fou, ceux qu'on met en danger, ce sont nos enfants. Je ne sais plus lequel donne cette réplique à un moment, en disant que les enfants sont trop précieux. A vouloir jouer à ces jeux de meurtre, on fini par les perdre.


Al Pacino, il est incroyable. C'est dans le 1er qu'il me fascine le plus. L'évolution de son personnage, ses regards qui changent avec. Alors qu'il est presque inexistant (et pourtant étrangement très présent à l'image), à partir de la scène de vengeance au resto, il prend une autre dimension. Ce plan sur son visage lorsqu'il revient des toilettes!!!! Il semble vraiment habité.
Et à partir de là, on sent qu'à mesure qu'il devient important dans les affaires, il se perd. Pour moi, sa chute ne commence pas dans le III, mais elle a déjà commencé à ce moment. Et c'est ce que je trouve fort. C'est que ça ne ressemble pas à une montée en puissance, mais à une descente aux enfers. Et c'est ce que Kay a très vite comprit. Son personage est aussi très important.
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Messagepar Fox » 27 Mars 2007, 15:32

tim a écrit:Dans le III, Coppola fait jouer sa fille. Personnellement, je trouve pas qu'elle joue très bien.


Elle joue aussi dans le 1er ... eh oui, le bébé baptisé, c'est Sofia Coppola. :mrgreen:

Sinon j'aime beaucoup ton analyse qui suit. Il y a peut-être quelque chose de subliminal là-dessous, c'est vrai. Symboliquement, c'est quelque chose de fort.

Al Pacino est magnétique, particulièrement dans le deux pour moi, où il sous-joue en permanence et avec neaucoup d'intensité. Evidemment, tu as raison quand tu dis qu'il commence sa descente aux enfers dès son premier meurtre. Ce qui est fascinant, c'est la façon dont sa condition d'homme de pouvoir va peu à peu l'isoler de tout le reste de sa famille. Il se coupe du monde. De fait, le plan de Michael à travers la baie vitrée à la fin du Parrain 2 est très symbolique, là encore.
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Messagepar Fredian » 28 Mars 2007, 11:36

Que rajouter que vous n'ayez déjà si bien dit ???


Je n'ai pas encore pu me regareder le coffret DVD (que j'ai acheté à un certain derF :roll:)... - vu qu'il est resté à Montpellier -[ma petite soeurette s'en est chargé à ma place :wink:) ...


... Mais (je vais encore faire de la pub pour mon festival favori :D ) j'avais eu la chance de voir la trilogie en édition restorée pendant le festival international du Cinéma Méditerranéen de Montpellier de je ne sais plus quelle année et,

il est vrai que la mise en scène et la performance d'acteur (avec Al Pacino au centre) sont époustouflantes :shock: (sur grand écran, ça fait frissonner !!!).

Coppola arrive à nous plonger (nous immerger devrais-je dire) dans cette histoire (cette saga) avec une intensité déconcertante.

"Le Parrain" est pour moi de ces fresques intemporelles que le cinéma peut nous offrir au même titre (malgré que relativement différentes) que le "1900" de Bernardo Bertolucci et le "Il Etait Une Fois En Amérique" de Sergio Leone (tiens tiens 2 films dont un des personnages principaux est joué par ce cher Robert De Niro - quelle filmographie il a quand même :shock: -)

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Messagepar Fox » 28 Mars 2007, 11:51

fred99 a écrit:"Le Parrain" est pour moi de ces fresques intemporelles que le cinéma peut nous offrir au même titre (malgré que relativement différentes) que le "1900" de Bernardo Bertolucci et le "Il Etait Une Fois En Amérique" de Sergio Leone (tiens tiens 2 films dont un des personnages principaux est joué par ce cher Robert De Niro - quelle filmographie il a quand même :shock: -)


La comparaison se tient surtout avec le film de Sergio Leone, pour moi. Le Bertolucci, je le trouve ampoulé, très particulier, presque bancal. Mais Il était une fois en Amérique, ça se tient, avec un De Niro très évanescent, très aérien face à un James Woods incroyablement terrestre, incarné. Quelques longueurs dispensables, cependant, qu'évite brillamment Coppola dans ses films.

De Niro, de 1972 à 1995, c'est la plus belle filmographie d'un acteur contemporain que je connaisse : Le Parrain 2, Le dernier nabab, Les Incorruptibles, Sanglantes confessions, Brazil, L'Eveil, Heat, Il était une fois en Amérique et surtout, surtout ses 8 films avec Martin Scorsese (!) dont le simple panorama file le vertige !

J'ai défendu mon "mémoire" en anglais de fin d'école de commerce sur le sujet, avec projections d'extraits de Voyage au bout de l'enfer, de Casino et de New York, New York, c'était quelque chose ! :D
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Messagepar Fredian » 28 Mars 2007, 12:16

Fox a écrit:
De Niro, de 1972 à 1995, c'est la plus belle filmographie d'un acteur contemporain que je connaisse : Le Parrain 2, Le dernier nabab, Les Incorruptibles, Sanglantes confessions, Brazil, L'Eveil, Heat, Il était une fois en Amérique et surtout, surtout ses 8 films avec Martin Scorsese (!) dont le simple panorama file le vertige !

J'ai défendu mon "mémoire" en anglais de fin d'école de commerce sur le sujet, avec projections d'extraits de Voyage au bout de l'enfer, de Casino et de New York, New York, c'était quelque chose ! :D



Tu m'en donnes les frissons :D :wink: (il est vrai que cette filmographie donne le vertige)

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Messagepar tim » 29 Mars 2007, 00:39

Pour Sofia, je savais. D'ailleurs Roman joue aussi. De toute façon, toute la famille participe dans ces films!

Ha Leone!!! C'est tout de suite à lui qu'on pense pendant le Parrain, si on connait ses films. Ce mec aussi est génial. Les 3 "il était une fois..." sont de petits bijoux.
Quand aux longueurs dont tu parles Fox, je ne trouve pas pour ma part. Ca fait tellement partie de son style et de sa mise en scène. Je trouve dingue de pouvoir réussir à se permettre ce qu'il se permet dans un film. Allonger des scènes pendant de longues minutes, où seuls les regards servent d'action. C'est barjot comme truc. Je peux comprendre ceux qui trouvent ça chiant (avec du mal certes!), mais quand on se prend au jeu, c'est un plaisir hallucinant. A ce titre, c'est "... dans l'Ouest", que je préfère. Des duels qui durent 1/4 d'heure alors qu'en un coup de feu c'est fini.
Et cette longue scène d'intro est un pur délice de montage...
Bref j'arrête là, lui aussi je pourrais en causer des heures...


Quand à de Niro, je suis fan aussi. Mais bon je commence pas là car je peux pas rester longtemps ce soir.
Je pars quelques jours mais je reviens rejoindre la discussion, ne décrochez pas surtout... c'est cool cette discussion autour de ce cinéma américain!!!
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Messagepar Fredian » 29 Mars 2007, 01:17

tim a écrit: Ha Leone!!! C'est tout de suite à lui qu'on pense pendant le Parrain, si on connait ses films. Ce mec aussi est génial. Les 3 "il était une fois..." sont de petits bijoux.
Quand aux longueurs dont tu parles Fox, je ne trouve pas pour ma part. Ca fait tellement partie de son style et de sa mise en scène. Je trouve dingue de pouvoir réussir à se permettre ce qu'il se permet dans un film. Allonger des scènes pendant de longues minutes, où seuls les regards servent d'action. C'est barjot comme truc. Je peux comprendre ceux qui trouvent ça chiant (avec du mal certes!), mais quand on se prend au jeu, c'est un plaisir hallucinant. A ce titre, c'est "... dans l'Ouest", que je préfère. Des duels qui durent 1/4 d'heure alors qu'en un coup de feu c'est fini.
Et cette longue scène d'intro est un pur délice de montage...
Bref j'arrête là, lui aussi je pourrais en causer des heures...



Complètement d'accord avec toi à propos du charme des "longueurs" Leonienne.
Mais, j'ai l'impression qu'on parle d 'une époque révolue, une époque où on prenait le temps de savourer le temps, où on laissait le temps au temps de prendre le/son temps...
... maintenant, tout va/doit aller vite, de plus en plus vite ...
Je caricature mais c'est pour mieux refléter une réalité qui (parfois) me dérange ... :roll:

J'ai beaucoup de mal à croire que Sergio Leone pourrait réaliser ses films (que ce soit la trilogie de "l'Homme sans nom" ou celle des "Il était une fois...") aujourd'hui et à sa manière...


M'enfin, c'est un autre débat (intéressant certes mais qui n'a pas trop lieu d'être dans ce topic, d'ailleurs faudra que j'ouvre un topic sur ce cher Sergio un de ces 4, car j'en ai des choses à dire à son propos :) )

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Messagepar Fox » 29 Mars 2007, 09:23

D'une part, le cinéma ne s'accorde plus autant le droit d'être contemplatif, c'est vrai. En tous cas aux Etats-Unis. Il existe un cinéma plus international et diversifié qui parvient encore à vivre à son rythme (je pense forcément notamment à Elia Suleyman, Intervention Divine) mais aux USA, on fait aujourd'hui essentiellement des films longs mais survoltés (tous ces blockbusters de 2H30 surchargés).

D'autre part, c'est aussi de la paresse intellectuelle : le public demande de plus en plus un déferlement de sensations très triviales (pour ne pas dire tribales), à grand renfort d'effets faciles. Le cinéma politique, tel qu'on l'a connu, le cinéma américain de l'âge d'or, où la violence faisait sens et marquait les bornes de l'évolution historique du territoire, c'est révolu. Peckinpah, Arthur Penn, Lumet, aujourd'hui ils financeraient leurs films en Europe, comme Orson Welles en son temps.

Tiens, Orson Welles... Si un topic s'ouvre sur Leone, j'en ferai un sur Welles... Il y a des gens réceptifs ici pour son cinéma, j'en suis sûr, et ça fait longtemps que je n'ai pas fait de prosélythisme sur le sujet. :wink:

N.B : Je repense au Parrain... Et on a finalement très peu parlé jusqu'ici du grand, de l'immense Marlon Brando, dont l'interprétation de Don Vito Corleone est juste immense. :shock:
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Messagepar Fredian » 29 Mars 2007, 11:09

Fox a écrit:Tiens, Orson Welles... Si un topic s'ouvre sur Leone, j'en ferai un sur Welles... Il y a des gens réceptifs ici pour son cinéma, j'en suis sûr, et ça fait longtemps que je n'ai pas fait de prosélythisme sur le sujet. :wink:

Et j'en serai :wink:
Ne serait-ce que "Citizen Kane" et "Touch Of Evil" ("La Soif Du Mal") pour ne citer que ses "tubes" méritent de s'attarder sur ce cinéaste hors pair !

Fox a écrit:N.B : Je repense au Parrain... Et on a finalement très peu parlé jusqu'ici du grand, de l'immense Marlon Brando, dont l'interprétation de Don Vito Corleone est juste immense. :shock:

Il est vrai ... :roll:
Marlon Brando était de ces acteurs qui avaient une "gueule", rien que sa silhouette, sa figure à l'écran et quelque chose se passait, comme si l'intensité de son jeu d'acteur était si forte que sa seule présence devant la caméra suffisait à faire passer le message et à le sublimer.
Il avait un charisme phénoménal, il se dégageait une telle puissance de ses compositions, un simple regard, un petit geste, un mouvement de paupière [...etc...] était parfois suffisant pour transcender sa performance.
Et (encore une fois pour ne citer que quelques uns de ses "tubes") ses interprétations dans "Le Parrain" et "Apocalypse Now" (tiens tiens, encore Coppola :wink:) sont comme tu as si bien juste immense :shock: :D

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Messagepar tim » 31 Mars 2007, 20:56

C'est sur qu'on prend moins son temps, que ce soit au cinéma ou dans la vraie vie. Mais pour parler cinéma, puisque c'est le sujet, on arrête pas d'accélerer le rythme. J'ai lu que les monteurs étaient très bien payés, mais au moins on comprend pourquoi, car ils ont un sacré boulot. J'aimerai bien connaître la moyenne de plans à la minute aujourd'hui comparée à il y a ne serait-ce que 30 ans! :)
Ce qu'on a commencé à faire dans le clip, s'est aujourd'hui généralisé et avec des montages super serrés pendant 2h c'est parfois imbuvable.

Mais n'empêche qu'en terme de cinéma contemplatif, il reste quand même Terrence Malick. Si lui c'est pas le cinéaste de la contemplation. Le problème, c'est qu'il contemple tellement qu'il sort un film tous les 25ans! :P Mais quel film à chaque fois...
Ca se perd sérieusement mais il y a des résistants (mais vieux). Et dans le cinéma asiatique, il en reste quelque chose aussi. Tout n'est pas perdu.


Ce qui est paradoxal, c'est qu'un film avec 300 plans a des chances de couter nettement moins cher qu'un film qui en comporte 1000 (à part quand c'est fait par Coppola!). Ca devrait plaire aux producteurs qui cherchent toujours à gagner des sous...




Pour le cinéma politique, il semblerait là aussi que des résistants se débattent bien aux Etats Unis. Je pense à la bande à Soderbergh et Clooney, avec leur boîte de prod Section 8, qui arrivent à produire un cinéma engagé (des films comme Syriana ou Good Night..., The Good German...), en amassant de l'argent avec des films plus vendeur. Ils ont vraiment une bonne idée je trouve. Pour que les gens aillent voir des films qui ont des choses à dire, il faut aussi leur donner du spectacle. Et c'est ce qu'ils essaient de faire.

Je ne dis pas que tout va bien, mais qu'à leur image, il y a encore des films qui ont des choses à dire (Jarhead, Lord of War...) et qui arrivent à trouver un peu de public.
Je ne suis pas pour dire qu'on a tout perdu. On a sûrement perdu, mais pas tout!



Ensuite, pour Welles, je ne connais que Citizen Kane, que j'adore. Alors je ne pourrai pas beaucoup vous suivre pour l'instant.

Et pour Brando, je le connais également assez peu. Je crois que ça s'arrête aux films avec Coppola.
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Messagepar Fox » 02 Avr 2007, 13:30

"The good German" n'était pas engagé pour moi, c'est juste un exercice de style... Assez creux hélas... En revanche, je plussoie énergiquement (!) pour "Good night and good luck" et surtout pour "Syriana" (mon coup de coeur 2006, du cinéma livré avec cervelle !!!).

En fait on voit fleurir un cinéma que je qualifierais plus de "bonne conscience" que de fondamentalement politique... Je ne suis pas convaincu par un "Blood diamond", par exemple... Même le "Dernier Roi d'Ecosse" (que j'ai pourtant aimé) m'a laissé avec le sentiment que le propos était terriblement occidentalisé justement pour faire passer la pilule auprès d'un public de consommateurs standardisés. On est loin, justement, de ces chroniques "coups de griffe" qu'on a vues dans les années 70 et un peu avant... "La poursuite impitoyable" pour l'Amérique intérieure, c'était quelque chose. Pire encore, en allant lorgner du côté de réalisateurs plus européens, un brûlot comme "Salo" de Pasolini, aujourd'hui, ce serait impensable.

La Poursuite impitoyable, c'est à voir à tous prix. Une angoisse sourde, une montée en puissance progressive, un quatuor Brando/Jane Fonda/Redford/Duvall au cordeau, une fin apocalyptique... Et ça en dit long sur le racisme dans le sud des Etats-Unis, ça vous prend aux tripes en moins de deux et ça vous laisse sur le carreau. La scène du passage à tabac du shériff... Ouch... :shock:
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Messagepar Fredian » 02 Avr 2007, 16:33

Fox a écrit:La Poursuite impitoyable, c'est à voir à tous prix. Une angoisse sourde, une montée en puissance progressive, un quatuor Brando/Jane Fonda/Redford/Duvall au cordeau, une fin apocalyptique... Et ça en dit long sur le racisme dans le sud des Etats-Unis, ça vous prend aux tripes en moins de deux et ça vous laisse sur le carreau. La scène du passage à tabac du shériff... Ouch... :shock:


Tu as mis les mots justes sur ce chef d'oeuvre cinematographique (oui oui chef d'oeuvre, n'ayons pas peur des mots, interpretation et mise en scene magistrale associee au propos on ne peut plus dramatiquement pertinant).

Tu as raison: un film a voir ... ca laisse ... :shock:

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Messagepar Fox » 02 Avr 2007, 17:24

Ce n'est pas un film qui a été si souvent vu que cela : grâce à toi, on est au moins deux ici à l'avoir vu. Merci !

Fox, content, il vient de se trouver un camarade de "Poursuite impitoyable". ^^
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